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LE PÉGASE - Antoine Sanchez
L'Atteinte Éditions
2020
Très heureux de réaliser le nouvel ouvrage des Édition l'Atteinte.
Chronique du Matricule des Anges
Les jours sont des miroirs en face d’autres miroirs. »
 Telle est la jolie image qui se dégage du Pégase, premier roman d’Antoine Sanchez, du nom du bar-tabac dans lequel se croisent quotidiennement, depuis ce qui semble être la nuit des temps, des personnages cabossés et un brin mystérieux. Il y a l’aristo, le professeur, le colonel, le libraire ou encore l’ouvrier – habitués qui peu à peu nous deviennent familiers, tout comme leurs prénoms et les petits détails qui les définissent. Norbert le musicien chante sur la place de l’église et pleure sa mère perdue. Paul le professeur boit invariablement du scotch. Quant à Jörg, l’Allemand, il remporte souvent les parties de dames. Au centre de leur univers trône le couple de patrons, Odile et Raymond, véritables piliers contre lesquels chacun dépose ses silences, ses tristesses et ses joies. Tous ces êtres, à force de répétitions, de platitudes et de coups de colère, dessinent un village dans ce qu’il a de plus palpitant, hors de toute temporalité, d’une linéarité consolante. Le passé y occupe une place prédominante, l’on y parcourt en long et en large les souvenirs, ces « grandes fresques démembrées ». La vie y est brassée dans ses non-dits, ses mensonges et ses lieux communs. Le plus beau, c’est que chaque jour elle recommence à l’identique ou presque. Le Pégase célèbre ce monde faussement figé, qui maintient à flot toute une communauté d’individus originaux dans leur banalité, et dont la moindre étincelle suffit à sauver une journée.
Antoine Sanchez, en mêlant intimement le réalisme désuet d’un lieu désolé et la poésie qui traîne le long des comptoirs, nous donne envie de franchir le pas de sa porte, au petit matin, et de nous fondre dans son décor. « C’est comme si l’on retrouvait une grâce à jamais perdue,/ une sorte de vitalité barbare, insolente, fondamentale ; comme si l’on nous rappelait pourquoi, là-bas, dans/ les temps immémoriaux, on nous avait donné la vie. »

Camille Cloarec